L’origine de la Dikanza

Dikanza est composé du mot « kanza » qui signifie « tailler ou rayer » et du préfixe « di » qui désigne une personne ou un objet, ce qui nous donne le mot « Dikanza » soit un objet taillé. L’instrument appartient à la famille des idiophones raclès, similaire au « güiro » et « le reco-reco ». Il s’agit d’une grande tige en bambou ou en bois striée que l’on racle ou frotte avec une petite baguette en bois. Il fait partie des instruments traditionnels du Semba.

C’est quoi le Semba

Le semba est une des principales manifestations de la culture angolaise. Elle est née des « batuques » de la Masemba, un style de danse originaire de la région de Luanda. Parmi toutes ses expressions, les deux variantes les plus connues sont la Kazukuta associée au carnaval avec un tempo rapide et le Semba Cadenciado avec un tempo plus lent.

Signification du mot Semba

Semba vient du Kimbundu et signifie la rencontre de deux corps au niveau de la taille, plus précisément le contact des nombrils entre les partenaires pendant la danse. C’est exactement ce dernier acte qui s’appelle « Semba » ou « umbigada » en portugais.

De la Masemba au Semba

La Masemba apparait initialement comme danse de salon vers 1875, pratiquée par l’aristocratie de Luanda. La danse Semba vient de la Masemba, mais délestée de sa codification cérémoniale et vestimentaire. La Masemba exige que les femmes soient en tenue africaine et les hommes en costume et cravate, ce qui n’est plus le cas avec la danse Semba.

Semba ancestrale

Les informations sur l’origine du Semba ancestral est un voyage dans le temps, remontant à l’époque des royaumes « Ndongo et Kongo » de l’immense Afrique Bantou, royaumes exploités par la traite négrière vers les Amériques. Le semba ancestral fait donc parti de l’héritage de la diaspora afro-américaine qui a donné naissance à d’autres rythmes comme le calypso, samba, soca, salsa, merengue, mambo, rumba, tango, candombe et tant d’autres.

Semba Moderne

C’est dans les années 40 qu’une identité musicale urbaine angolaise ou luandaise voit le jour, aux prémices de la décolonisation du pays. C’est alors un des moyens qui émerge dans le pays pour affirmer une « angolanité » et une identité propre en opposition au pays colonisateur. Dans cette atmosphère de l’époque nait le Semba dit moderne avec des groupes comme Ngola Ritmos, Conjunto Nzaji, Gingas, Duo Ouro Negro, Africa Show, Elias Dia Kimwezo et bien d’autres, privilégiant des chansons avec des paroles en Kimbundu et non en portugais.

Semba comme danse contemporaine

La danse Semba est indissociable du rythme Semba, elle a connu la même évolution que le style musical. L’origine de ses pas provient également de la Masemba, la mère du Semba. Des années 50 jusqu’aux années 70, plusieurs architectes ont construit la danse. Parmi les fondateurs, nous avons Pelé do Zangado, créateur de nombreux pas, mais aussi Jacques Rumba, Didi da Mãe Preta et João Canalho. Ils ont posé les bases et fondements de l’identité du semba moderne comme danse. Dans les années 80, le duo « O Bruxo e a Bruxa » apporte une nouvelle révolution avec des pas dédiés aux spectacles et des chorégraphies pour de grands évènements. Aujourd’hui, la Kizomba danse très populaire dans le monde est basée sur les pas du Semba.

Les instruments traditionnels de Semba

Le Semba est traditionnellement joué avec les instruments suivants :

Ngoma
tambour grave

Dikanza
ancêtre du reco-reco du Brésil,
également appelé güiro à Cub

Hungu
également connu sous le nom de
berimbau au Brésil

Npwita
tambour à friction

L’origine de la Kizomba (musique et danse)

A partir de 1977, Luanda fait la connaissance du groupe Kassav et y reconnait la même clave que le Semba avec un tempo plus lent.

Les groupes comme Afro-Stars ou SOS avec Eduardo Paim ont alors emprunté ce tempo du Zouk et la Kizomba est née.

Les termes Kizomba en Kimbundu et Zouk ont d’ailleurs la même signification : FÊTE La danse semba a également profité de ce nouveau tempo, pour ralentir et permettre plus de sensualité en Kizomba.


Auteurs

O ensino da música – Mario Rui Silva
A sociedade angolana e os seus instrumentos musicais tradicionais
Novo dicionário Banto do Brasil – Nei Lopes
Dicionario complementar – Português – kimbundu – Kikongo
Pe Antonio da Silva Maia